Publié le 18 février 2016 à 00h00 (il y a 5 années environ) dans « Ça se passe au Musée »
Le Musée de Mayotte (MuMa), premier musée de France à Mayotte ?
Le Musée de Mayotte (MuMa), premier musée de France à Mayotte ?.
© Source : Conseil départemental de Mayotte - DirCom

Le Président du Conseil départemental de Mayotte, Monsieur Soibahadine Ibrahim RAMADANI et le représentant du Préfet, Monsieur Guy Fizter ont installé les deux comités de gouvernance du Musée de Mayotte : le « Comité d’Honneur » et le « Conseil Scientifique » du Musée de Mayotte, le 2 février 2016.

Dans son allocution à l’Hémicycle Younoussa BAMANA,le Président du Conseil Départemental réaffirme la volonté des élus de Mayotte de créer un musée consacré à la société mahoraise, à son environnement, à son histoire, sa culture et donc à son patrimoine. Le Département se trouve désormais doté d’une institution de qualité (de par la composition de son équipe) dans le cadre de sa « mission de conservation et de diffusion du patrimoine commun » de son territoire. C’est aussi un musée qui vise le label « Musée de France ».

Les Membres du Comité d’honneur

Le Comité d’honneur est formé de hautes personnalités morales et/ou politiques choisies, en fonction de leur représentativité et de leur rôle passé ou présent dans les affaires culturelles mahoraises. Elles ont pour mission de parrainer le projet, le défendre à Mayotte aussi bien qu’à l’extérieur, et user de l’influence de ses membres en sa faveur dans tous les domaines.

Il est composé des membres suivants :

Monsieur Abdou DAHALANI : Président du Conseil Économique, Social et Environnemental de Mayotte ; Monsieur Blaise HENRY : Figure du monde sportif et culturel ; Monsieur Charles NOVOU : Directeur territorial honoraire, ancien secrétaire général du Conseil général ; Madame Daourina ROMOULI : Ancienne Conseillère Économique, Social et Environnemental de Mayotte ; Monsieur Denis ROBIN : Ancien Préfet de Mayotte, Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur ;Madame Florence GENDRIER : Directrice des affaires culturelles de Mayotte ; Madame Françoise VERGES : Professeur, Fondation des sciences de l’Homme, Paris ; Monsieur Jean-François CHOUGNET : Président-directeur du musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée ; Monsieur Jean-François HORY : Ancien parlementaire de Mayotte ; Monsieur Jean-Jack QUEYRANNE : Ancien ministre des Outre-mer ; Monsieur Jean-Jacques AILLAGON : Ancien Ministre de la Culture et de la Communication ; Monsieur MAFANA : Directeur des Arts et Spectacles vivants, Université de Dar El Salam ; Monsieur Mansour KAMARDINE : Ancien député de Mayotte ; Monsieur Nouroudine ABDALLAH : Directeur du Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS) des Comores ; Monsieur Nourdine BACAR : Grand Cadi de Mayotte; Monsieur Philippe BOISSADAM : Ancien Préfet de Mayotte ; Monsieur Said Omar OILI, Maire de Dzaoudzi Labattoir et Président de l’Association des maires de Mayotte et Madame Sara MOUHOUSSOUNE, Conseillère économique et sociale de Mayotte.

Les membres du Conseil scientifique du Musée

Le conseil scientifique est composé de personnalités compétentes dans divers domaines : écologique, archéologique, historique, ethnologique, artistique et muséographique. Il donne un avis motivé sur les programmes de recherche, d’enquêtes-collecte, d’exposition/médiation et de publication scientifique, en terme de qualité scientifique. Il valide les propositions d’acquisition de collections matérielles et immatérielles.

D’éminentes personnalités venant de différents horizons le composent.

Monsieur Bruno FOUCRAY : Conservateur général du patrimoine, archéologue ; Monsieur Chamssidine KORJEE : Dignitaire et spécialiste des langues et Cultures mahoraises ; Monsieur Christian TREZIN : Conservateur général du patrimoine, Inspecteur général des richesses artistiques de la France, MCC/DG pat ; Madame Colette FOISSEY : Conservatrice en chef du Patrimoine, ancien professeur à l’école du Louvre MCC/DG pat ; Monsieur François HUBERT : Conservateur en chef des musées de Bordeaux ; Monsieur Jean LAMBERT : Maître de conférences, membre du Centre de recherche en ethnomusicologie au CREM, LESC, CNRS, Université Paris Nanterre ; Monsieur Maoulana ANDJILANI : Docteur en Biologie, Directeur de la Recherche au Conseil départemental de Mayotte ; Monsieur Michel CHARPENTIER : Professeur agrégé d’histoire et géographie, Président de l’association des Naturalistes de Mayotte ; Monsieur Michel COLARDELLE : Conservateur général du Patrimoine, ancien professeur à l’École du Louvre ; Monsieur Mlaili CONDRO : Professeur et Docteur en Sciences du Langage ; Madame Pauline GENDRY : Conservatrice, Directrice des Archives départementales de Mayotte ; Monsieur Salim MOUSSA : Ancien Professeur de Sciences et Vie de la Terre ; Madame Sophie BLANCHY : Directrice de Recherche au CNRS, LESC-Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative et Monsieur Victor RANDRIANARY : chercheur et Ethnomusicologue.

La mission principale du Musée consiste à assurer la conservation du patrimoine et sa sauvegarde dans le but de le diffuser au plus grand nombre, notamment aux jeunes générations. Le Musée de Mayotte sera ainsi, un lieu de mise en valeur de l’histoire de l’île et de son rayonnement régional, un miroir par lequel les gens se reconnaitront dans leur diversité et un véhicule de la transmission de la culture mahoraise et de ses traditions.

L’enjeu est de taille, car la réalisation du musée de Mayotte symbolisera en quelque sorte la « capacité que nous avons de vivre et de construire l’avenir ensemble, dans le respect des valeurs, des codes et des traditions de la société mahoraise ainsi que la capacité que nous avons à transmettre ses valeurs à notre jeunesse, et ceci dans un effort méthodique, continu et planifié, conforme à la vocation d’un « musée de France » et donc de son label », souligne le président du Conseil Départemental, lors de son allocution d’installation du Comité d’Honneur et du Conseil Scientifique du MuMa.

Au-delà de la visite de plusieurs lieux patrimoniaux majeurs de l’île, les réunions de travail ont permis de valider la proposition de PSC (Projet Scientifique et Culturel), dont tous ont reconnu la qualité, en lui apportant quelques compléments de nature à le consolider encore. La visite des lieux et notamment de la Caserne a confirmé la justesse de nos options et l’appréciation enthousiaste et louangeuse de l’exposition « Préfiguration n°1 » nous conduit à renouveler ce type de pré-ouverture au public.

L’itinéraire du Comité scientifique durant la semaine du 1er au 5 février 2016

Au programme, plusieurs sites ont été visités, en raison de leur importance pour le patrimoine mahorais. En effet, les études archéologiques de ces trentes dernières années ont permis d’identifier certains sites archéologiques qui sont les témoins de l’histoire de Mayotte. Parmi lesquels les vestiges de l’usine du Site sucrier d’Hajangua.

L’usine sucrière d’Hajangoua

Son histoire remonte dans les années 1840 et fait partie des cinq premières concessions agricoles de Mayotte et, la plus moderne des usines sucrières de l’île, parmi les dernières à survivre jusqu’à la première moitié du XXème siècle (à croire que Mayotte a connu la révolution industrielle du XIXème siècle). Ce site, l’un des plus importants de l’île, représente aujourd’hui, l’un des joyaux de son histoire économiqueet industrielle.

L’Eco Musée du Sel de Bandrélé

Patrimoine vivant et spécifique de la société mahoraise, la fabrication du sel de Bandrélé est aussi l’expression d’un patrimoine l’historique et constitue une ressource économique non négligeable. Si à l’origine, la production du sel a pu être une nécessité pour la consommation et l’exportation -certains toponymes comme Shingoni pouvant le suggerer-, la subsistance de cette tradition jusqu’à nos jours n’a pu permettre de devenir un véritable métier valorisant. On dit néanmoins que cette production du sel a permis aux mahorais une autosuffisance durant la période des demandes d’indépendance des pays du sud, dont les îles de l’Océan Indien n’ont pas été épargnées. Ainsi, dans les années 1960, elle a connu un grand succès. Son secret reste bien gardé par les mamans Shingo qui continuent à perpétuer la tradition, même si la capacité de production actuelle ne permet pas de dégager de revenus suffisants pour permettre aux intéressées de vivre seulement du métier.

Le MuMa, dans sa 1ère action de préfiguration, met l’accent sur cette tradition qui témoigne de savoir-faire techniques hors-pairs. C’est un clin d’œil qui vaut le détour et invite à visiter ce patrimoine vivant de Mayotte dans cet éco Musée à ciel ouvert qui vous livre les secrets de cette longue traditionau cœur de Mayotte.

La Maison de l’Artisanat de Sada

La Maison de l’artisanat de Sada est une structure communale (bâtiment) gérée par « l’Association Maouoi de Sada », crée en 1994 avec pour objectif, de « promouvoir l’artisanat local ». Devenu l’enseigne de l’artisanat de Mayotte, la « Maison de l’Artisanat de Sada », après près de vingt ans d’existence, symbolise la tradition et le savoir-faire technique artisanal de la société Mahoraise. C’est surtout aujourd’hui, un lieu de sauvegarde d’une richesse sociale et culturelle perpétuée depuis quelques siècles à Mayotte.

La Mosquée de Tsingoni

La Mosquée de Tsingoni est construite en l’an 944 de l’hégire, soit au XVIème siècle de l’haire chrétien, à l’avènement au pouvoir du Sultan Issa Ben Mohamed, fondateur de la ville de Tsingoni. Depuis cette date, Tsingoni restera la capitale de l’île jusqu’en 1790 à la mort du sultan Bwana Combo 1er. Cette mosquée est aujourd’hui classée Monument historique de France en 2013. Des grands travaux de rénovation sont en cours d’étude pour une restauration à l’identique de ce bien commun historique.

La Mosquée de Polé

Ses origines remontent au temps des premiers habitants du territoire jusqu’à la fin du règne du Roi MawanaMadi en 1829. Elle cache de nombreux secrets. Sa fréquentation relève parfois de rites spirituels des adeptes de la « tradition animiste » locale qui accordent au site un caractère sacré. Mosquée et lieu de vénération des esprits « djins », Pôlé n’a pas encore révélé tous ses secrets. Il reste un lieu vénéré et consulté pour les grandes décisions de l’île, selon le témoignage de la tradition orale.
Témoin de l’histoire des rois de Mayotte, le site archéologique de Pôlé est une porte ouverte sur l’histoire des sultans, jusqu’à la colonisation (1841).

Les Archives départemental de Mayotte

Riche de ses 1600 km linéaires d’Archives, la direction ouvre ses portes au public depuis plus de cinq ans aujourd’hui. La valeur de ce travail de conservation n’est plus à démontrer. Des ouvrages comme des actes administratifs, des documents historiques de grandes précisons sur le passé de Mayotte sont tout autant accessibles. Elle constitue déjà à elle seule un élément du patrimoine du département.

Le Musée de Mayotte, doté de ses instances représentatives (Comité d’honneur et Conseil scientifique),est aujourd’hui une réalité. A la Caserne de Dzaoudzi, vous découvrirez ses premières actions de préfiguration. Mais son siège sera « La Résidence du Gouverneur » dans le Site historique même, dont les travaux de rénovation peuvent s’achever d’ici deux ans.

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