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Bonne année 2018
 
 Publié le 5 décembre 2017 à 10h36 (il y a 45 jours environ) dans « Études doctorales »
Nassur SAID, Docteur en Chimie analytique à l’Université de Strasbourg
Originaire de Petite terre, Nassur SAID a obtenu en septembre dernier son doctorat en CHIMIE ANALYTIQUE à l’université de Strasbourg. Ses travaux ont déjà été valorisés dans différentes revues scientifiques et lors de sa soutenance, un spécial remerciement a été fait au Conseil départemental de Mayotte pour l’aide financière octroyée pour poursuivre ses études supérieures..
Source : Conseil départemental de Mayotte - DCIP

Le jeune Nassur SAID a passé toute sa scolarité en Petite-terre. Après un baccalauréat scientifique obtenu en juin 2008 avec une mention assez bien au lycée de Petite-terre, il décide de poursuivre ses études en science, puisque c’est là où il excellait le mieux.

Au départ de Mayotte Nassur ne savait pas exactement quel type d’études scientifiques il souhaitait faire. Mais comme il était plus à l’aise en maths, physique et chimie ; il décida donc de s’orienter vers une formation courte type BTS ou DUT (pour avoir rapidement un diplôme tout en restant dans un système d’encadrement) qui allie toutes ces disciplines.
Il chercha par la même occasion, à être proche de Clermont-Ferrand puisqu’il avait des connaissances dans cette ville. Avec tous ces critères en tête, Nassur s’est logiquement inscrit pour un DUT mesures physiques à l’IUT de Clermont-Ferrand. Cependant, malgré un semestre validé, il trouva que la formation ne correspondait pas tout à fait à ses attentes et s’inscrit au 2nd semestre, en Licence de Chimie à l’université de Clermont-Ferrand pour avoir des bases en chimie, ce qui lui permis par la suite d’intégrer un DUT Chimie. Enfin, c’est à l’IUT de Marseille qu’il eut l’occasion d’approfondir ses connaissances en licence professionnelle analyses chimiques.

La préparation au voyage et les soutiens

Nassur est un jeune débrouillard, pour son départ de Mayotte pour la métropole, il n’a pas connu de grosses difficultés. Sa préparation au voyage était plutôt satisfaisante. Il avait pris les devants pour toutes les démarches administratives en réservant un logement et organisé sa pré-inscription. Il obtint rapidement son billet d’avion via LADOM jusqu’à Clermont-Ferrand, où il résidait (résida) quelques jours chez des connaissances, le temps de récupérer ses clefs et devenir par la suite autonome.

La vie en Métropole

Les cours

Constatant l’écart de niveau entre les formations à Mayotte et en métropole, malgré un bac S obtenu avec une mention assez bien, Nassur a tout d’abord été surpris par le niveau en DUT. Mais avec de la persévérance et surtout avec l’encadrement à l’IUT qui l’ont poussé à être assidu et à travailler régulièrement, il réussit à atteindre ses objectifs. Les études en IUT ont facilité son intégration en métropole en se faisant plus facilement des camarades de classe. Il conseille d’ailleurs tous les nouveaux étudiants mahorais arrivant, de s’orienter vers un cursus type BTS ou DUT. Certes le rythme scolaire est un peu plus élevé qu’une licence en université, mais il y a beaucoup d’autres avantages.

En IUT à Clermont-Ferrand, Nassur se souvient de son médiateur, M. SAID Rachid. C’est en le voyant s’impliquait (s’impliquer) dans la vie des jeunes mahorais (lycéens et étudiants) qu’il comprit l’importance et le rôle des médiateurs en métropole. Pour sa part, Nassur n’a pas trop eu besoin de solliciter l’aide de son médiateur, mis à part pour l’envoi de documents importants. Puisqu’il avait le soutien des membres de sa famille et des connaissances à Clermont-Ferrand. Les associations ? Au cours de sa première année en métropole, Nassur était membre d’une petite association « WorldTop » qui organisait des soirées et des petites sorties dans la région Auvergne. C’était l’occasion pour lui de rencontrer de nouvelles personnes, de bouger un peu… Mais par la suite, il reconnaît avoir eu moins de temps à consacrer à ce type d’activité sociale du fait de ses études, chronophages. Nassur a réalisé un stage à chaque fin de cursus : au Canada en fin de DUT, au CNRS de Marseille en Licence pro et à l’université de Strasbourg pour la fin de son Master.Ça aurait été intéressant reconnaît-il, d’en faire un à Mayotte afin de se créer des contacts pour un éventuel retour. Mais malheureusement, il n’a pas trouvé de stage à Mayotte en rapport avec sa formation et son cursus.

Le parcours envisagé ?
Au départ de Mayotte, Nassur s’était fixé l’objectif d’avoir un BAC+2/+3 en science qui lui permettrait d’avoir un travail rapidement en métropole et lui donner la possibilité de trouver un travail à Mayotte. Finalement, il s’est surpris lui-même à aller jusqu’au BAC+8. Comme beaucoup de jeunes mahorais, Nassur a de la chance d’avoir des connaissances et de la famille vivant en métropole pour passer les week-ends et les vacances, entouré.

La Bourse

Au cours de son cursus post-doctorat( post-bac), il eût la chance de bénéficier d’une bourse sur critères sociaux du CROUS et d’une aide de Mayotte. Et en gérant bien ses dépenses, cela a été relativement suffisant pour répondre à ses principaux besoins mensuellement (loyer, courses, « extra »). Cependant le retard de paiement d’une bourse peut très rapidement mettre l’étudiant dans le « rouge », s’il n’est pas bien organisé. Nassur conseille de nouveau, à tous les jeunes arrivants de prévoir un solde d’au moins 1 mois pour prévenir d’éventuels imprévus.

Le retour à Mayotte

Pour le moment, Nassur n’envisage pas de retour au pays. Il souhaite travailler quelques temps en métropole dans son domaine d’étude, à savoir, l’analyse chimique en laboratoire. Car à l’heure actuelle, il ne voit aucune perspective professionnelle, pas de poste correspondant à son profil ou qui serait en accord avec son projet professionnel à Mayotte. Par conséquent, il compte rester en métropole encore, au moins une année, le temps de trouver ou voir émerger une opportunité dans son domaine à Mayotte et ou sinon envisager une reconversion en professeur de physique-chimie, pourquoi pas… ? Nassur confie qu’il est fier d’être allé au bout de ses objectives malgré les difficultés et son plus beau souvenir de ses années d’études resteront les 4 jours passé à New-york lors de stage de fin de DUT chimie au Canada. Découvrir Manhattan, ça a juste était magique.

Enfin, puisque rien n’est pas parfait, Nassur suggère quelques actions et amélioration qui pourraient être mises en place par la DPSU pour mieux accompagner les élèves mahorais étudiants hors territoire. Selon lui, il faudrait encore plus informations et de soutien à destination des nouveaux arrivants. En effet « j’ai eu la chance d’avoir des connaissances à mon arrivée en France mais d’autres n’ont pas forcément cette chance. Les médiateurs font des efforts mais à mon sens ce n’est pas suffisant ».

Toujours dans l’information à destination des étudiants, il faudrait communiquer régulièrement de possibles perturbations au niveau des virements bourses pour mieux les anticiper. « Par exemple, j’étais resté sur un retard 2-3 mois sans bourse avec comme seule explication - il y a eu des problèmes informatiques, il faut attendre - J’aurais aimé qu’on me précise - nous essayons de régler le problème rapidement sous un mois au mieux et trois mois dans les pires des cas ; une compensation sera attribuée … ». Prendre régulièrement des nouvelles des étudiants (mensuels ou tous les 2 mois) surtout pour les nouveaux qui rencontrent plus de difficultés (différence de niveau scolaire : des conseillers, des soutiens scolaires ou des groupes d’entre-aides ; changement de température ; soutien psychologique face aux difficultés…)

Résumé de sa thèse

Caractérisation de protéines thérapeutiques par électrophorèse capillaire (CE) couplée à la spectrométrie de masse (MS)
Soutenance de thèse – Septembre 2017

Les anticorps monoclonaux (mAbs) sont des glycoprotéines complexes possédant de nombreuses micro-hétérogénéités qui peuvent influencer leur efficacité dans l’organisme. Il est par conséquent nécessaire de développer des méthodes analytiques robustes, sensibles et spécifiques pour les caractériser avec la plus grande précision. L’objectif de cette thèse a été de développer des méthodes analytiques permettant la caractérisation fine et à différents niveaux d’un anticorps monoclonal, le cetuximab, ainsi qu’un anticorps monoclonal conjugués à un principe actif, le brentuximab vedotin, sur des couplages direct ou indirect de l’électrophorèse capillaire et la spectrométrie de masse. Dans une première partie, une approche middle-up protéomique du cetuximab a été réalisé sur le couplage indirect CZE-UV/MALDI-MS afin de séparer et caractériser les variants de charges du fragment F/2 et F(ab)’2 ainsi que la caractérisation top-down des fragments Fc/2. Ensuite une nouvelle stratégie indirecte CZE-UV/nanoESI-MS a été développée pour permettre la caractérisation fine de ce mAbs partiellement digéré. Enfin un couplage direct par CESI-MS a été développé pour permettre l’analyse rapide et précise du cetuximab middle-up. Dans une deuxième partie, la combinaison d’analyse de mAbs d’intact, middle-up et bottom-up protéomique a été réalisée sur le couplage CZE-UV/nanoESI-MS et CESI-MS. Cela a permis la caractérisation à différent niveau du brentuximab vedotin. Cette méthodologie a permis l’analyse du DAR, l’identification de fragments conjugués, la caractérisation simultanée de la séquence complète de l’anticorps, d’un grand nombre de modifications post-traductionnelles, la caractérisation des peptides conjugués ainsi que l’identification d’ions diagnostiques du principe actif.