Offre d'emploi

Ingénieur territorial en bâtiment ou architecte (x1) - Date limite des candidatures : 19 janvier 2018

Bonne année 2018
 
 Publié le 16 novembre 2015 à 00h00 (il y a 2 années environ) dans « Environnement »
Le Président du Conseil départemental visite la forêt de Majimbini
Le Président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani visite la forêt de Majimbini.
Source : Conseil départemental de Mayotte - DirCom

Depuis 1996, la Direction de l’Agriculture, des Ressources Terrestres et Maritimes (DARTM) du Conseil départemental de Mayotte met en œuvre les programmes de soutien au développement de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture. Elle apporte essentiellement une aide technique et financière au secteur agricole et assure la préservation des ressources forestières du Département.

Le Président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani, a effectué sa première visite des services le 21 mai 2015 à la DARTM où il a pu constater une organisation méticuleuse des services. Cinq mois plus tard, vendredi 09 octobre, il a souhaité faire la visite de la forêt départementale de Majimbini suite au rapport de l’Office National des Forêts (ONF) et de la DARTM. (Cf. Etat des lieux des infractions portant atteinte à la propriété forestière en forêt départementale de Majimbini Madjabalini – de janvier à août 2015 – Service des Ressources Forestières).

Majimbini est une forêt départementale proche de l’agglomération de Mamoudzou qui rencontre de nombreux problèmes, notamment d’occupation, de défrichement et d’atteinte à la biodiversité.

La forêt est gérée par la DARTM en partenariat avec l’Office National des Forêts (ONF) en application du code forestier et sous une Convention cadre signée le 22 janvier 2015 entre le département et l’ONF pour la gestion durable du domaine forestier départemental pour la période 2014-2020.
Dans le cadre de la gouvernance, un comité technique de la forêt présidé par le Président du Conseil départemental doit être installé comme instance de pilotage afin de suivre la mise en œuvre de la politique forestière. Pourtant les travaux ont bel et bien été entamés, avec la récente publication, le 07 novembre 2015 au Journal Officiel, des Orientations Forestières du Département de Mayotte valant Schéma Régional d’Aménagement pour les forêts du Département.

L’Office National des Forêts (ONF) à Mayotte

Suite à la départementalisation, l’ONF s’est installée à Mayotte depuis 2012. Etablissement public à caractère industriel et commercial, dont la mission confiée par l’Etat au travers du code forestier, est de gérer en direct pour le compte de l’Etat les propriétés domaniales et d’assurer une gestion conforme au code forestier des autres forêts publiques, notamment les forêts départementales (régime forestier).
L’ensemble de la propriété forestière publique à Mayotte se partage en 1 750 hectares de terrains Conservatoire du littoral, 1 140 ha de forêt domaniale et 4 500 ha de forêt départementale.
La première mission de l’ONF à Mayotte, est d’étudier et de rédiger les plans d’aménagement forestier qui font l’état des lieux de la forêt et fixent les enjeux, les objectifs et une programmation d’actions pour sa gestion. La gestion telle qu’elle est décrite dans le code forestier est une gestion durable et multifonctionnelle qui doit prendre en compte les aspects socio-économiques et environnementaux.

Le plan d’aménagement de la forêt domaniale de Voundzé vient d’être achevé tandis que ceux de la forêt domaniale de Dapani et des forêts départementales des Monts Bénara et Tchaourembo sont en cours de réalisation. En ce qui concerne ces forêts départementales, les inventaires et l’état des lieux sont réalisés. Il reste à fixer les objectifs du côté du département et les choix de gestion exprimés par le propriétaire (savoir ce que le département souhaite faire vis-à-vis de ce massif forestier).

Au Conseil départemental, c’est la DARTM, via son Service des Ressources Forestières (SRF) qui est en effet, en charge de la gestion des forêts départementales anciennement appelées « réserves forestières », et qui compte près de 4500 ha (ou 45 km²) de terrain.

Le départ de la visite s’effectue à l’incontournable « Maison du Gouverneur » complètement délabrée, sous les explications du Directeur de l’agence territoriale de l’ONF, M. Laurent MERCY et de son directeur adjoint, M. Soulaimana ISSOUFFOU.

Dans l’esprit de la convention, toutes les interventions menées sur le domaine forestier mobilisant autant que possible les ressources et compétences du département, la responsable du SRF, Mme Jeannette LARTIGUE et son équipe, sont en renfort pour apporter toutes les lumières au Président du département et son cabinet, tout au long de la visite.

La maison du Gouverneur qui a été rénovée, il y a peu de temps et se retrouve à nouveau dans un état catastrophique (squatte et destruction).

La Maison du Gouverneur, site extraordinaire construit en 1880, est un vestige de la convalescence, lieu où les militaires, les colons et le gouverneur venaient se reposer. Il reste une baignoire taillée dans la pierre avec tout son système de canalisation.

Jusqu’en 1998, la maison était gardée en permanence par des agents sur place. Une rénovation en 2004 met fin au gardiennage permanent et la gestion aurait été confiée à une association de Kawéni qui cessera rapidement d’intervenir.

Le département reprendra en charge le site après qu’il ait été de nouveau rénové en 2011. Sans gardiennage, les travaux de rénovation sont vains. Le pillage et le squatte réduisent à néant les efforts d’aménagement consentis.

Cette dégradation du site est dommageable pour l’accueil du tourisme, puisque les forêts doivent aussi être des supports de visite pour les randonneurs locaux ou venant de l’extérieur du territoire.
Ce site est un exemple de la difficulté rencontrée à proposer des aires d’accueil en forêt et des possibilités de découverte du milieu naturel forestier.

Plusieurs actions de terrain sont menées, telles que :

  • Surveillance forestière pour la préservation du couvert boisé et de la ressource en eau. Plusieurs rivières trouvent leur source dans la forêt visitée en particulier la rivière Majimbini. Le couvert boisé permet de limiter l’érosion des sols et de maintenir la quantité et la qualité des ressources en eau.

Afin de lutter contre la destruction de ce précieux couvert boisé ; les agents font de la police pour empêcher les prélèvements illégaux et les défrichements…

  • Lutte contre les espèces envahissantes
    Certaines plantes se propagent tellement qu’elles mettent en péril les arbres. Les agents réalisent donc des opérations de lutte physique.
  • Reboisement de zones dégradées ou déforestées
    Dans les années 89-90 des zones d’occupation ont été reboisées par la Direction de l’Agriculture et des Forêts (DAF) par la plantation de badamiers et autres arbres exploitables par la scierie
  • La récupération des bois en vue d’une valorisation et commercialisation à la scierie départementale de Coconi.

La production locale de bois d’œuvre est encore minime à Mayotte. C’est une activité du Département qui mérite d’être développée en vue d’avoir une petite filière bois, avec des niches bien ciblées.

Dans la forêt départementale de Majimbini-Madjabalini, les plantations de production représentent une surface d‘environ une quinzaine d’hectares. Malheureusement un défaut d’entretien n’a pas optimisé la croissance des arbres.

La connaissance et suivi des milieux forestiers

Dans une logique de restauration et de conservation de ce patrimoine naturel, le SRF gère une pépinière de plants forestiers et met en place un arboretum à Coconi, qui constituent de véritables collections botaniques d’espèces parfois très rares. Et afin de sensibiliser les jeunes dès le plus jeune âge, à la préservation des milieux, habitats et espèces animales endémiques à Mayotte, un ouvrage scientifique est en cours de rédaction.

Cette visite sensibilise le Président à l’exposition de la forêt aux dégradations liées à des agissements individuels répréhensibles. Les occupations illégales sont courantes avec une recrudescence particulière liée à la croissance démographique. Au quotidien, les agents de la DARTM sont obligés de lutter contre les défrichements et les cultures sur brulis.

Des chantiers d’insertion sur l’environnement qui permettent de favoriser l’insertion professionnelle par l’activité économique, sont un bon moyen de sensibilisation des jeunes aux questions environnementales. Ils permettent aussi d’assurer une présence régulière en forêt..

Grâce à ces outils d’insertion mis en place, on constate une diminution des infractions, (empiètement, occupations, prélèvement et coupe de bois, déversement d’ordures, non-respect des mesures de prévention contre les incendies,…) car la forêt est animée par ces chantiers.

Enfin, les agents du SRF sont aussi impliqués dans le reboisement des padzas. Ces surfaces érodées consécutivement aux défrichements répétés, sont estimées à plus de 1000 ha.

Elles font l’objet de reboisement depuis les années 80, et dans la lutte contre l'érosion des sols et pour la préservation de la ressource en eau, le Conseil départemental mène des expérimentations permettant d’étudier des techniques alternatives à l’utilisation d’espèces exotiques pour ces reboisements.

Ces expérimentations ont lieu dans le cadre d’un projet financé à 75% par l'Europe (FEADER), à 18% par la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, et par le Conseil Départemental. Le pilotage du programme expérimental de cette étude est confié à l’Office National des Forêts (ONF). Pour la réalisation des expérimentations, des partenariats scientifiques ont été effectués avecle Conservatoire Botanique National de Mascarin (CBNM) - le MAURITIAN WILDLIFE FOUNDATION - la société INOQ spécialisée dans la mycorhization).
Une réunion de présentation sur le reboisement des padzas et la technique de mycorhization fut organisée par le SRF dans l'hémicycle du Conseil Départemental à Mamoudzou, Jeudi 29 Octobre à partir de 8h30.

Les agriculteurs ainsi que les personnes intéressées par le reboisement des padzas ont répondu présents. Beaucoup réclameront même, d’être d’avantage impliqués dans ces types de travaux.

 

Galerie d'images associée